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 Le serpent et le corbeau (Kaarasu)

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Noe Kotasu
Chef du clan Mikari | Tonton Noe/ Puissante mouche chiante
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Messages : 90
Date d'inscription : 01/12/2013

MessageSujet: Le serpent et le corbeau (Kaarasu)   Sam 7 Déc 2013 - 21:52

Le blond était encore assez amoché par son ‘’combat’’ avec Kain, ou il s’était fait massacrer ~ Le Mikari ne considérait pas qu’il avait perdu : Il avait tué un Kaminari devant leur chef, et en était très fier. Bien sûr, il comptait bien se venger du blond électrique ~ D’ailleurs, il commençait déjà à y penser : Noe et Tina détestaient maintenant les Kaminari, malheureusement pour eux.

La veille, le Kotasu avait enfin mit en marche ce sur quoi il travaillait depuis maintenant plusieurs semaines ~ La création d’un corps de poupée exclusivement composé d’os humain. Il avait dû couper ses bras pour les remplacer par la suite, ce qui lui avait procuré une douleur aigue, mais qui avait tout de même assez bien été. Ses deux nouveaux membres étaient solides, presque indestructible, et il était ainsi beaucoup plus fort à présent.

Pour cacher à son sous-chef sa nouvelle acquisition, qui aurait assurément soulevé des questions, l’androgyne avait enfilé une longue chemise noire, couverte de nœuds, boucles et dentelles. Par-dessus, une robe lui arrivant aux genoux, violette, avec de jolies croix dessinées et de longs bas pour cacher ses maigres jambes pâles. Et comme à son habitude, le Mikari était lourdement maquillé.

Il avait donné rendez-vous à Kaarasu dans sa chambre, à l’abri de même les regards de leurs propre clan ~ Noe et le petit brin se voyaient souvent, s’entendant assez bien, et donc ce n’était point suspect. La chambre de l’homme poupée était principalement rose, et une lourde odeur de sucrerie semblait y flotté en permanence. Sur les étagères, des oursons et des lapins en peluche régnaient, apportant une ambiance malsaine sur la pièce, fixant de leurs petits yeux de verres n’importe quel nouvel arrivant. C’était la première fois que le garçon aux ombres allait entrer dans sa chambre, puisqu’ils se voyaient généralement dans celle de ce dernier. Même lui serait surpris devant la scène mièvre.

Certains auraient pu dire que ce n’était pas vraiment convenable pour le chef Mikari de se cloitré dans cette ambiance bonbon : Ce qu’ils ne savaient pas, c’était que le parfum aidait à couvrir l’écœurante odeur de décomposition de son projet dans la pièce voisine et la musique énervé, trop chargée, à étouffer les cris soudains du dernier survivant que le blond gardait pour son pur plaisirs. En soit, l’androgyne cachait bien son jeu.

Il sorti de sous son lit un large paquet cadeau ~Après qu’il eut entendu que Kaarasu avait eu des problèmes dans la salle de musique, le blond avait acheté un clavier électrique pour que son très cher ami puisse s’amuser même dans leur demeure. Bien sûr, il allait se moquer de son cadet, mais il avait été vraiment inquiet et préférait que cela ne se reproduise plus. Ce n’était pas le magnifique piano à queue, il n’y avait pas assez de place, mais l’instrument restait tout de même de la meilleure des qualités qui soit.

Il replaçait ses longues mèches dorées lorsqu’on toqua à la porte, celle-ci s’ouvrant un peu après, laissant entré le corbeau. Le blond lui offrit un gentil sourire et lui tira une chaise, effleurant avec tendresse ses blessures, les sourcils froncés, d’une façon bien maternelle. Il finit par s’asseoir devant lui, après lui avoir servi du thé et le gratifia, de sa voix mielleuse :

-Ça fait un moment, Kaa-Sama…

Il marqua une courte pause, avant de poursuivre, sur le même ton :

-Beaucoup de choses se sont produite, depuis, pour toi comme pour moi… Fait moi en le récit!

Il sourit de nouveau et son regard se posa sur le présent, toujours posé sur son lit. Le blond se leva, sans faire attention au brun. Il prit le cadeau et le mit sur la petite table, juste devant son camarade. Les joues rouges, d’une voix beaucoup moins assurée, il ajouta :

-Avant ça… Ouvre. On aura amplement le temps de parler ensuite. 
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Kaarasu Takami
Sous-chef du clan Mikari | Ptit maudit
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Messages : 71
Date d'inscription : 01/12/2013
Localisation : De l'autre côté du miroir

MessageSujet: Re: Le serpent et le corbeau (Kaarasu)   Mer 1 Jan 2014 - 19:22

Les trois derniers jours avaient été tout simplement pénibles pour Kaarasu. Il était resté cloîtré dans sa chambre, sans manger ni dormir, refusant de se rendre à ses cours ou même de parler à qui que ce soit. S’étant volontairement coupé du monde… Il était malade. 

D’abord, il avait pratiquement saccagé sa chambre sous l’emprise de la colère. À moins que ce ne soit que pure folie ? Oui… Ces hallucinations hurlantes et angoissantes n’avaient rien à voir avec la colère. Il avait été assailli de choses irréelles durant des heures, ne pouvant pas trouver le repos. Les ombres l’avaient harcelé, jusqu’à réduire ses nerfs en charpie… Il était maintenant dans un état presque catatonique, souffrant d’une atroce migraine et doutant de tout. 

De plus, il y avait les blessures que ce satané chinois lui avait infligées. Grâce à lui, le Mikari (qui n’avait pour le moment, envie de rien sauf de dormir) ne pouvait se coucher ni sur le dos, ni sur le ventre, compte tenu de l’accablante douleur occasionnée par ses griffures. Ce qui rendait le sommeil encore plus dur d’accès. 

Malgré son isolement, il avait été informé de certaines choses. Par exemple, quelqu’un était venu lui dire qu’il était désormais sous-chef du clan de la mort. Apparemment, Yuuzan (son prédécesseur) avait choisit de quitter l’établissement de Seikoku & Noe lui avait donné cette place. C’était presque flatteur. Et bien que cette nouvelle ait pu lui procurer un semblant de satisfaction, une autre n’avait fait que l’irriter davantage ; son chef s’était allié avec le clan Asuna. Ce qui allait limiter considérablement sa liberté d’action. M’enfin, il s’occuperait de cette affaire plus tard. 

Pour l’instant il était toujours couché dans son lit, à regarder le plafond d’un air hagard, lorsque quelqu’un vint cogner à sa porte. Il n’y prêta d’abord aucune attention (qui plus est, il n’était même pas certain d’être éveillé), mais la personne insista. 

- Takami-san ? S’enquit une voix grave & calme de l’autre côté. Le chef aimerait vous voir dans sa chambre. 

Kaarasu soupira et se redressa pour s’asseoir dans son lit. Un entretien avec Noe, hmm ? Manquait plus que ça. D’un autre côté, il aurait pu difficilement refuser compte tenu des récents évènements. 

Il se leva donc et s’examina un moment dans ce qui lui restait de miroir. Son état était vraiment lamentable… Ses cheveux étaient encore plus en bataille que d’habitude, et de nombreuses mèches sombres lui retombaient sur les yeux. Ses yeux, qui, justement, étaient livides, inexpressifs & soulignés de profonds cernes. 

Se frottant les yeux comme un enfant ayant trop regardé la télé, il se dit que cette apparence lui donnait un air sauvage, rebelle, comme un petit animal nocturne. Il s’étira, puis retira son t-shirt, poussant un soupir d’aise alors que l’air frais apaisait ses blessures au dos. 

Le brun aurait eu envie de rester ainsi, mais bon, se présenter torse-nu et couvert de griffures dans la chambre de son chef aurait été disons… bizarre et inapproprié. Soupirant de nouveau, il enfila une chemise blanche qu’il ne mettait que très rarement (mais comme elle n’était pas trop serrée sur sa peau, c’était ce qui restait de plus confortable). Certes, il avait toujours l’air malade, mais il était convaincu que, même comme ça, son chef pourrait le trouver mignon. 

Le jeune sous-chef sortit de sa chambre en grognant et se dirigea vers celle de l’androgyne. 

Il ne fut nullement surpris par la décoration des lieux. C’était bien à l’image du chef Mikari. Cependant, tout ce rose aveuglant & cette musique énervante lui donnèrent la migraine. Il considéra son chef un moment, le regard toujours aussi vide, puis vint s’asseoir dans la chaise que lui désigna celui-ci. Ses muscles se raidirent lorsque Noe effleura ses blessures, mais il ne broncha pas. 

- Ça fait un moment, Kaa-sama… Lui souffla le blond en lui servant du thé. Beaucoup de choses se sont produites, depuis, pour toi comme pour moi… Fais-moi en le récit !

Le récit, hmm ? Le jeune corbeau ne se sentait pas trop bavard en cette journée ou tout lui semblait pénible. Il prit sa tasse et la jaugea d’un œil peu amène, avant de la reposer sans l’avoir même portée à ses lèvres. 

Il releva les yeux et suivit son chef du regard alors que ce dernier allait chercher un imposant paquet cadeau qui se trouvait sur son lit. Il le ramena et le posa juste devant son sous-chef.

- Avant ça… Ouvre. Lui dit-il presque timidement. On aura amplement le temps de parler ensuite.

Kaarasu observa un moment le paquet, avec incompréhension, puis il releva la tête vers Noe et lui lança un regard suspicieux. Le chef des Mikari… lui faisait un cadeau ? Il y avait de quoi se méfier.

Lentement, il ouvrit le paquet (un peu comme s’il craignait que ça lui explose au visage) pour découvrir un joli clavier électrique, flambant neuf. Il fixa l’instrument un moment, perplexe. Ou Noe voulait-il en venir ? 

Mais bon, en voyant les joues légèrement rougies de son chef, il soupira et força un pâle sourire fatigué. 

- Tu aimes ma musique à ce point là, Kota-chin ?

~ ~ ~ ~

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MessageSujet: Re: Le serpent et le corbeau (Kaarasu)   Jeu 29 Mai 2014 - 15:56

Le petit brun entra, amoché. Apparemment son combat avec HellRoy Jadziah l’avait mis beaucoup plus à plat qu’il ne l’aurait imaginé ~ D’ailleurs, il ne l’avait pas vu durant les derniers jours, signifiant probablement que le jeune Mikari s’était réfugié pour bouder, ou préparer une horrible vengeance. L’androgyne décida de ne pas souligner son état misérable… Du moins, pour l’instant ! 

Oh oui, il allait bel et bien se moquer de son jeune camarade, battu par un Kurasu, ce n’était pas rien! Tel chef, tel sous-chef? Le blond s’était, en effet, fait battre par le chef Kaminari, mais c’était déjà moins vulnérable qu’un simple membre Kurasu! Ah… Le clan de la vie lui tapait incroyablement sur les nerfs ~ Leur sous-chef lui donnait littéralement envie de vomir, avec son air stupide. Ils s’étaient réservé d’embarquer dans les tensions pour le moment, mais lorsque les choses se seraient un peu calmé, Noe se promettait d’anéantir leur opposé. 

Il tira une chaise pour son ami, ignorant l’air aveuglé de ce dernier, contemplant probablement sa superbe chambre à coucher. Doucement, le blond passa le bout de ses doigts sur les blessures de son camarade, le sentant se raidir puis se détendre par la suite. Il lui servit du thé, en murmurant, près de son oreille : 

- Ça fait un moment, Kaa-Sama… Beaucoup de choses se sont produites, depuis, pour toi comme pour moi… Fais-moi en le récit !


Le Takami porta la tasse à ses lèvres et la reposa sur la table, sans même en avoir pris une sapée. II semblait énervé par la présence de son chef, ce qui froissa quelque peu le maitre Mikari. Il détourna le regard, légèrement boudeur, et aperçu le paquet qu’il avait posé sur son lit, une dizaine de minutes auparavant. L’androgyne se releva, oubliant instantanément sa rage soudaine et alla chercher l’objet de ses pensées. 

Il le posa contentieusement sur la table ou était posé leurs goutés, faisant bien attention de ne rien salir ~ Il dormait dans cette pièce, après tout. Était-ce un acte de pure gentillesse? Pas tout à fait. Bien sûr, Takami était un bon ami à lui, et ils s’amusaient généralement bien ensemble ~ Mais surtout, il ne voulait pas subir une autre humiliation s’il venait à se faire battre de nouveau. Il était préférable de garder tous ses membres près de lui, non? La voix douce, comme gêner, il dit : 

- Avant ça… Ouvre. On aura amplement le temps de parler ensuite.

Kaarasu tira une drôle de tête, et le regarda, suspicieux. Il était évident que les deux éphèbes ne se faisaient pas totalement confiance : Étant des Mikari, tout le monde pouvait essayer de les assassiner au détour de leur propre dortoir. Il ouvrit néanmoins son présent, lentement, prudemment. À la vue du clavier, il demeura silencieux un moment, fixant l’instrument avant de soupirer et de sourire faiblement, lui répondant : 

- Tu aimes ma musique à ce point-là, Kota-Chin ?

Le blond sourit et eut un petit rire amusé, comme une gamine et regarda à son tour le clavier ~ Oui, il aimait bien la musique démente du corbeau, mais ce n’était pas pour ça qu’il l’avait acheté ~ L’art du Mikari n’était pas vraiment indispensable aux yeux de son chef. Mais bon, à présent le Takami pourrait égayer l’endroit (à la façon Mikari) et cela n’était pas plus mal. Puis, Tina avait aussi apprécié la musique, non? C’était donc bien sous tous les angles. 

Il tamisa légèrement les lumières et baissa le son de sa musique, voulant que le brun soit bien présent lorsqu’ils parleraient. Il fit le tour de la table et enlaça le cou du garçon, dernière lui, posant un doux baiser sur son oreille ~ Vu sa tête, mieux valait ne pas pousser plus loin, et comme la chef Asuna avait assouvi ses désirs avec bien mieux que des baisers… Le Kotasu était calmé. La voix suave, rauque, il murmura :

n]]-Ne te flatte pas trop, Kaa-Sama… [/i]

Il retourna s’asseoir à sa place et croisa ses jambes, agrippant un scone, le savourant lentement, préparant les bêtises qu’il allait dire à son camarade. Comment se marrer du garçon sans trop le froissé? C’était dur à faire et en cas d’échec, le blond trouverait ça tout de même drôle. Il poursuivit donc, de sa voix mielleuse, le regard fourbe : 

-C’est surtout pour que tu ne te fasses plus humilier par un certain… HellRoy Jadziah? Ehehe…


Le rire malsain du dirigeant Mikari résonna contre les murs de sa chambre, revenant sans cesse, comme pour rappeler sa défaite à son cadet. Il s’étira et soupira, plantant ses yeux devenu étonnement froids dans ceux sanguins de Kaarasu ~ Le blond changeait rapidement d’idée ou d’émotions, le rendant parfois assez difficile à suivre, enfin, pour les autres, ça ne devait pas trop poser de problème au sous-chef du clan de la mort. La voix glaciale, il continua, ne laissant pas le temps au brun de se défendre :

-Rions en pour le moment, mon cher. Tu auras amplement le temps de te venger. 

Était-ce des encouragements? Peut-être. Peut-être aussi était-il en colère contre le chinois aux cheveux longs aussi. Il se releva et alla s’asseoir sur le sol, posant sa tête sur les genoux de son cadet, comme un chaton. Il appréciait être là, sentir la chaleur corporel des gens qui lui était agréable. Il murmura, grondant légèrement le garçon : 
-Mais ne recommence plus, Takami. C’était assez optionnel, comme combat… Nous ne pouvons pas nous permettre de nous battre sur un autre front. 

Il releva la tête vers son ami, le regardant de ses yeux venimeux, posant sa fausse main sur le genou du corbeau. Non habitué à devoir cacher ses menottes, il avait complètement oublié qu’il valait mieux que le brun ne les voit pas. L’androgyne posa un baiser sur la main de celui qu’il considérait comme son maitre, possesseur de la poupée qu’il allait devenir. Il finit par ajouter, toujours à voix basse : 

-Maintenant, dit moi… Comment vont tes affaires?






~~~~






Kaarasu fut plutôt perplexe en découvrant le cadeau de son chef. Était-ce vraiment… un geste attentionné ? Bien sur que non, c’était tout à fait improbable. Le chef Mikari transpirait l’hypocrisie, il devait y avoir quelque chose de caché sous ce présent… 

Enfin, il était présentement trop fatigué pour réfléchir correctement & se contenta donc de soupirer et de sourire (après tout, il ne devait pas donner l’impression d’avoir trop mauvaise mine, même si son état était plutôt difficile à dissimuler).

- Tu aimes ma musique à ce point là, Kota-chin ? S’enquit-il, vaguement moqueur.

L’androgyne lui répondit d’une bref rire amusé. Naturellement, Kaarasu se doutait qu’il ne lui avait pas acheté cet instrument dans le simple but de lui faire plaisir, néanmoins, cela l’enchantait presque. Il saurait profiter de ce cadeau, et ce, même si ses jolies mélodies avaient pour effet de faire perdre la tête à tous les autres Mikari. D’ailleurs, ça ne ferait pas une si grande différence. Ce dortoir avait déjà plusieurs caractéristiques d’un asile de fous. 

Le brun remarqua que son aîné s’était levé pour aller baisser sa musique insoutenable et tamiser ses lumières. Était-ce un signe que la conversation allait devenir sérieuse ? Maintenant qu’ils étaient tous deux officiellement en charge du clan de la mort, ils allaient surement devoir réviser certaines choses…

Il ne fut pas surpris lorsqu’il sentit les bras du blond l’enlacer par derrière. Le Mikari avait fini par s’habituer à toutes ces démonstrations d’affection. Par ailleurs, il avait passé tant de temps isolé, enfermé dans le noir et à la merci de sa propre tête, que cette chaleur vivante le rassurait presque. Il devrait peut-être songer à se montrer un peu plus affectueux envers son chef s’il voulait vraiment l’avoir de son côté. Histoire que l’envie ne lui prenne pas de se débarrasser de lui. Du moins, pas dans l’immédiat…

- Ne te flatte pas trop, Kaa-sama… Lui souffla Noe. 

Il posa un baiser sur son oreille & retourna s’asseoir en face du corbeau, mordant distraitement dans une petite pâtisserie qui se trouvait devant lui. Il semblait en pleine réflexion, comme s’il avait quelque chose d’important à dire & qu’il voulait choisir soigneusement ses mots. Finalement, il déclara d’un ton hautain ;

- C’est surtout pour que tu ne te fasses plus humilier par un certain… HellRoy Jadziah ? Ehehe…

Ahh… Bien entendu. Il fallait absolument qu’il l’enfonce davantage. Réprimant un frisson de colère, Kaarasu ne répliqua pas immédiatement, tentant par tous les moyens possibles de contenir la lueur de rage qui brillait au fond de ses yeux cramoisis. Il aurait dû s’y attendre, Noe était le premier à qui il avait confié son horreur de la défaite. Une chose était sûre ; si un regard avait pu tuer, l’androgyne serait raide mort depuis déjà plusieurs secondes. 

Le brun inspira longuement (inspiration qui aurait pu se confondre en soupir) et laissa son chef se calmer (il était encore en train de rire de lui). Ce n’est que lorsque son regard fut redevenu froid et supérieur que le blond déclara d’un ton dur ;

- Rions-en pour le moment, mon cher. Tu auras amplement le temps de te venger. 

Le cadet eu un léger rire sarcastique. Oh oui, il se vengerait, mais il ne comptait pas trop attendre. Sa riposte serait brutale, imminente & imprévisible. Il n’avait jamais été du genre patient. Rien que de penser à voir le visage de Jadziah se tordre de souffrance suffisait à estomper sa colère.

L’androgyne se leva à nouveau & vint s’installer par terre, posant sa tête sur les genoux de son sous-chef. Distraitement & comme si c’était la chose la plus évidente à faire, Kaarasu glissa ses doigts dans les cheveux dorés & les caressa doucement, sachant très bien que son aîné raffolait de ce genre d’attentions. 

- Mais ne recommence plus, Takami. Lui dicta-t-il tout de même d’un ton presque autoritaire.C’était assez optionnel, comme combat. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous battre sur un autre front.

Le brun ne répondit rien, acceptant les remontrances avec humilité. Il était vrai que ce combat n’avait rien eu de stratégique. Le corbeau avait juste eu envie de s’amuser un peu, & visiblement, il s’était fait prendre à son propre jeu. 

Avec la même tendresse qui lui était propre, le chef des Mikari posa l’une de ses mains sur le genou de son sous-fifre et déposa un baiser sur sa main valide, lui murmurant avec douceur ;

- Maintenant, dis-moi… Comment vont tes affaires ?

Hmm ? Qu’entendait-il par là ? Kaarasu se mit à jouer avec une mèche des cheveux de son chef, réfléchissant. Jusqu'à maintenant, il avait appris pas mal de choses sur plusieurs des élèves de ce lycée. Il avait également établi une liste mentale de ceux qu’il jugeait les plus influents et/ou les plus puissants, et avait hâte de voir lesquels d’entres eux il réussirait à embobiner. Mais, pour le moment, il n’avait pas fait grand-chose de concret.

- Et bien, pour être honnête, je… Commença-t-il mais un petit détail l’empêcha de finir sa phrase.

Un peu plus brusquement qu’il ne l’aurait voulu, il attrapa la main de son chef, le tirant vers lui. Était-il en train d’halluciner ou était-ce vraiment des… des articulations de bois qu’il voyait là ? Non… Non, ce n’était pas du bois. Il passa délicatement ses doigts sur la surface inconnue. À première vue, ça semblait être une forme de céramique… Il pressa encore la main de Noe dans la sienne, comme pour se convaincre qu’elle était bien réelle. Pas de doutes, ce n’était pas une illusion. Fronçant les sourcils d’incompréhension, il demanda avec une légère moue enfantine ;

- Qu’est-ce que c’est que ça ? 







~~~~






- Rions-en pour le moment, mon cher. Tu auras amplement le temps de te venger.

Son camarade eut un rire frustré, apparemment pas aussi amusé que son ainé de sa défaite et des plaisanteries faites à ce sujet. Enfin, l’androgyne n’allait pas trop le blaguer à ce propos, ne voulant pas fâcher le garçon contre lui, ce qui aurait été un assez gros problème, étant son sous-chef. Il se calma un peu, et replanta son regard dans celui du Takami, sans rien dire cette fois, ne faisant que le fixer. 

Le blond se leva et s’approcha du corbeau, s’assoyant docilement à ses côtés, comme un fidèle chaton et posa sa tête sur ses genoux. Son ami passa affectueusement ses doigts dans les longs cheveux du chef Mikari, faisant rougir et soupirer d’aise ce dernier. Une relation assez étrange était en train de se tisser entre les deux, solide et à la fois fragile comme une toile d’araignée, les deux étant prêt à se trahir et se tuer si ça pouvait leur amener plus de pouvoir. D’un ton faussement autoritaire, il le gronda : 

- Mais ne recommence plus, Takami. C’était assez optionnel, comme combat. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous battre sur un autre front.

Il n’était pas fâcher, c’était simplement logique pour l’androgyne de ne pas commencer à se battre partout, comme de misérables chats de gouttière. Son camarade ne répondit pas, et l’ainé prit son silence comme une approbation sur l’avis du Kotasu. Noe ne se disputait jamais avec le brun, le considérant comme son maitre, celui qui tirait ses ficelles de jolie poupée, poupée mortelle soit, mais incroyablement belle. 

Il posa un baiser sur la main chaude de son cadet, appréciant son doux touché. Il était bien, ainsi, et il s’avait que lorsqu’il aurait changé de corps, ce ne serait plus pareil, puisqu’il ne saurait plus sentir l’agréable chaleur du corbeau. Il ferma les yeux, avant de relever la tête vers lui, afin de les encré dans les siens, pour dire d’une voix calme, qui invitait aux confidences, malgré qu’il soit le fourbe chef du clan de la mort : 

- Maintenant, dis-moi… Comment vont tes affaires ?

Il ne répondit pas tout de suite, semblant réfléchir à tout ce qu’il avait effectué depuis la dernière fois qu’ils en avaient discuté ~ Outre son combat avec Jadziah. Le blond y pensa lui-même ~ Une union durement gagner avec les Asuna, un combat avec les Kaminari… Il n’avait décidément pas chômé! Il eut un sursaut, perdu dans ses pensées, lorsque son camarade finit par lui répondre : 
- Et bien, pour être honnête, je…

Puis, il agrippa fortement ses mains, les tirants vers lui, faisant échapper au blond frêle un mince râle de surprise. Il en fixa les articulations, ignorant l’androgyne qui tirait pour pouvoir se déprendre, gardant sa flancher ses mains dans les siennes. De nouveau, alors que le brun fronçait les sourcils, il gémissa : Il venait à peine de se couper ses deux membres et s’était encore terriblement sensible. Le ton léger, surprenant le chef vu les derniers agissements du garçon, il lui demanda innocemment, comme captivé : 

- Qu’est-ce que c’est que ça ?

Le blond tira fortement sur ses menottes, retombant sur les fesses, au sol, un peu plus loin du corbeau. Il n’avait pas totalement fini sa transformation et n’était pas certain de vouloir en parler à son compagnon, il pourrait lui venir l’envie de détruire ses plans, et ça, c’était à éviter. Il détourna le regard avant de se lever, pour se diriger vers la fenêtre, dos au brun. Etsu apparu de par lui-même, protégeant son maitre contre toutes attaques qui pourraient être sournoisement lancé dans son dos. 

Il soupira et resta silencieux, doutant toujours de la fidélité du Takami ~ Oh, il avait très hâte de lui montrer son œuvre, une fois qu’elle serait fini! Mais inachevé… Il se mordit la lèvre inférieure, réfléchissant rapidement : Il ne pouvait pas rester silencieux indéfiniment, alors que Kaarasu attendait une réponse, mais alors quoi? 

Devait-il être franc? Dévoiler d’un coup toutes ses cartes, sans garder de réserve?
L’homme poupée décida donc d’être floue, de tourner autour du pot et de ne pas révéler tous les détails de son expérimentation. Il se retourna pour lui faire face, une expression glaciale imprimé à présent sur son visage aux traits fins ~ Il allait vite en finir, et ils pourraient revenir au sujet principal, ce pourquoi le brun avait été convoqué ~ Facile, non? Mais il craignait que ce dernier ne soit pas si facilement satisfait. D’une voix froide, distante, rappelant celle de la chef Asuna, il avança : 

-Tout cela ne te regarde pas, Kaarasu. 

Il revint s’asseoir, en face de lui cette fois et planta son regard venimeux dans le sien, l’énorme boa toujours enrouler autour de son cou, fixant l’autre Mikari d’un œil mauvais. Il prit le temps de prendre une bouché de thé et de sortir d’un petit pot qui était ranger tout près, une souris, qu’il donna à la créature qu’il la dévora rageusement avant de répondre, sur le même ton distant qui ne donnait aucune liberté au sous-chef : 

-C’est simplement que… Je deviendrais éternel, mon cher. 

Il regarda de nouveau vers la fenêtre, enfin, en apparence, car il fixait en réalité le mur, celui qui le séparait de sa dernière victime avant de poursuivre, d’un ton plus doux : 

-Enfin, ne change pas de sujet…







~~~~






- Qu’est-ce que c’est que ça ?

Kaarasu était maintenant beaucoup plus réveillé. Il savait pertinemment que la main de son chef n’était pas une hallucination. Alors quoi… qu’est-ce que ces étranges articulations et cette surface dure et lisse ? Sa curiosité était piquée au plus haut point.

Mais Noe ne semblait pas vraiment enclin à lui expliquer la situation. Il tira brusquement sur ses mains pour se dégager et se retrouva assis au sol (étant tombé sous l’impact). Un air contrarié se lisait sur ses traits si réguliers. Le brun s’apprêta à passer un commentaire, mais choisit de s’abstenir lorsque son supérieur se leva et lui tourna le dos, son imposant reptile s’enroulant à ses côtés en un geste protecteur. Visiblement, cette bestiole se méfiait encore beaucoup de lui.

L’androgyne semblait en grand débat intérieur et Kaarasu prit ce long silence comme une preuve qu’il avait soulevé quelque chose d’important. Il attendit donc sagement, comme le fidèle bras droit qu’il était. Il devait vraiment s’arranger pour que le chef Mikari cesse de se méfier de lui. Pour qu’il ne lui cache plus rien. Déjà qu’il avait fait cette alliance avec les Asuna sans même lui en glisser un mot… 

Finalement, il se retourna vers lui, et, sur un ton étonnement glacial, décréta ;

- Tout cela ne te regarde pas, Kaarasu. 

Le jeune homme afficha une expression mécontente. Pourquoi son chef l’éloignait-t-il ainsi de ses projets ? C’était surement du à sa rencontre avec cette Tina… D’ailleurs, Kaarasu se dit qu’il trouvait le blond beaucoup plus instable & distant depuis cette fâcheuse rencontre. Déjà, son attitude face a lui semblait changer en permanence ; une minute il était aussi affectueux qu’à son habitude et l’instant d’après, le voilà froid et tranchant. De plus, il n’avait même pas essayé de l’embrasser depuis qu’il était dans sa chambre, ce qui ne lui ressemblait pas beaucoup… Oh, non pas que ça lui avait manqué, ce n’était rien d’autre qu’une remarque. Une preuve que le comportement de Noe était inhabituel.

- C’est seulement que… Commença finalement le chef des Mikari en jetant une souris à son serpent affamé. Je deviendrai éternel, mon cher. 

Hein ? Le brun passa une main dans ses cheveux et baissa les yeux vers les mains de son chef, à nouveau. Ses iris cramoisis s’écarquillèrent légèrement à mesure qu’il comprenait. Les articulations… comme sur les poupées. Les poupées qui accumulent la poussière sur les étagères ou au fond des coffres à jouets. Celles qui ne se détériorent jamais, restent belles malgré le temps… Éternel, hmm ? Bon sang… C’était tout à fait logique !

- Enfin, ne change pas de sujet… Reprit Noe d’une voix plus douce.

Manifestement, il n’avait pas trop l’air de vouloir s’étendre sur le sujet. Malheureusement pour lui, il avait réussi à captiver son sous-chef qui ne comptait absolument pas en rester là. Souriant au blond, il se leva et vint s’accroupir devant lui, reprenant (nettement plus doucement cette fois) ses deux mains dans les siennes. 

- Éternel… Alors tu veux dire que… ? Lui souffla-t-il, fasciné par la beauté & la précision de ce qui était sans doute l’œuvre du Kotasu. Voilà du pur génie…

Il passa une nouvelle fois ses doigts sur le matériau inconnu, s’interrogeant davantage sur sa provenance. 

La plupart des gens verraient sans doute cette étrange chirurgie comme une abomination, l’œuvre d’un détraqué bon pour l’emprisonnement, mais le corbeau avait toujours affirmé que souvent, la folie & le génie allaient de pair. C’était d’ailleurs, ce qui rendait à l’un comme à l’autre, un séduisant attrait. Et étrangement, en apprenant que son chef désirait littéralement se changer en marionnette géante, il se sentait plus proche de lui que jamais il ne l’avait été. 

Il rit doucement à cette pensée.

- C’est extraordinaire ! Dit-il en relevant la tête vers l’androgyne, lui souriant joyeusement. 

Et pour une fois, il le pensait vraiment. C’était une idée si tordue, si... si morbide, que ça lui donnait envie d’éclater de rire. Il avait, naturellement, une extrême envie d’en savoir plus, néanmoins, il se retint. Il y avait autre chose dont il devait parler avec son supérieur avant de se laisser emporter. 

Toujours légèrement, pour ne pas alarmer son aîné, il se releva et fit un peu le tour de la chambre, se laissant tomber négligemment sur le lit du blond, avant de s’étirer comme un chat. Dieu qu’il avait envie de dormir… Il contempla un instant le plafond rose et repoussa quelques mèches sombres qui lui retombaient sur les yeux, avant de reprendre la parole ; 

- Dis-moi, Kota-chin… Commença-t-il un peu plus sérieusement. Était-ce pour me cacher ce projet que tu es si distant avec moi, ces derniers temps ?

Il savait bien que ce n’était pas la raison principale. Que c’était surement la faute de cette Tina Sakura, des Asuna, mais il ne souhaitait pas particulièrement parler d’elle en face de son chef. Pas comme ça, du moins. Des plans pour qu’il prenne ça comme une crise de jalousie ! 
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MessageSujet: Re: Le serpent et le corbeau (Kaarasu)   Jeu 29 Mai 2014 - 15:59

- Enfin, ne change pas de sujet…

Le blond comprit que sa tentative pour changer de sujet échoua misérablement lorsqu’il aperçut l’air captivé sur le visage de son sous-chef. Ce dernier s’approcha, alors que son ainé faisant un bas vers l’arrière, tentant de mettre le plus de distance entre eux deux. Doucement, ce qui surprit étonnement le plus vieux des deux Mikari, Kaarasu agrippa ses mains, les gardant dans les siennes un bon moment, les regardant, étudiant de toute part sa création. Il murmura, si bien que le Kotasu n’entendit à peine : 

-Éternel… Alors tu veux dire que… ? Voilà du pur génie…

Génie? Il était flatté, mais décida de ne pas le montrer. Il n’avait jamais considéré son idée de cet angle et était surprit que le brun le souligne. Il aimait bien la promiscuité du jeune homme, dans le moment présent, et la tendresse avec laquelle il caressait du bout des doigts ses petites menottes. Après tout ce temps passé avec Tina, à comploter, il avait oublié à quel point il appréciait Kaarasu et tous leurs petits moments simplets, ou il n’avait plus besoin de pensé à comment détruire toute les étudiants dans le lycée. Son cadet échappa un petit rire qui le fit sourire à son tour, avant d’ajouter : 

- C’est extraordinaire !

Son ami avait relevé la tête vers lui, et lâcha ses mains, pour se relever. L’androgyne le suivait des yeux, puisque le garçon avait décidé de faire une petite visite de l’espace personnelle de son chef. Le blond serra Etsu contre son corps maigre alors que son camarade se laissait tomber dans l’énorme lit à baldaquin, sans aucune gêne apparente. Il y eut un court moment de silence, ou le brun eut l’air épuisé, sur le bord de sombré dans le sommeil, puis il finit par demander, gênant son ainé : 

- Dis-moi, Kota-chin... Était-ce pour me cacher ce projet que tu es si distant avec moi, ces derniers temps ?

Distant? Il n’avait même pas remarqué, courant sans cesse de gauche à droite. Bien sûr, il avait moins vu son ami, mais ne croyait pas avoir été froid avec lui ~ L’homme poupée sourit et alla rejoindre le Takami, dans son lit, se couchant sur le ventre à ses côtés, ses bras replier sous son menton. Du bout des doigts, il replaça les cheveux en désordre de son sous-chef et, taquin, lui retira ses lunettes, les mettant sur le bout de son propre nez. Suavement, comme à son habitude, il répondit : 

-Pourquoi demande tu ça, Kaa-Sama… Est-ce que je t’aurais… Manqué? 

Il sourit et se retourna pour faire dos au jeune myope. L’androgyne était un peu perdu entre d’anciens et de nouveaux désirs ~ Il souhaitait toujours s’offrir comme présent au jeune Takami, faisant office de jolie poupée sanglante pour ce dernier ~Mais Tina lui avait aussi montré les plaisirs de régner, d’avoir tout le monde à ses pieds… Bien évidemment, il pouvait difficilement avoir les deux. Il ne souriait plus, mais pensait bien que son camarade ne pouvait pas le voir, sans ses précieuses lunettes, et donc, ne se souciait pas vraiment de toutes ses émotions dévoilées passant sur son visage. 

La poupée était en réalité très seul, et tout cela commençait lentement à apparaitre alors qu’il était perdu entre la chef du clan Asuna et le corbeau ~ Il ne devait pas flancher, cela le mènerait à sa perte, et ce n’était pas vraiment désirable… Il devait rapidement choisir ce qu’il souhaitait, mais alors comment? Devait-il se laisser convaincre? Comparé ses deux alliés? Seuls détenteurs de ses secrets…? 

Il fit disparaitre l’énorme boa, sachant que celui-ci ne laisserait pas l’autre Mikari l’approché et ferma les yeux, disant d’une voix calme, presque murmurant : 

-Mais serait-ce vraiment un problème, Kaa-Sama… Si jamais je t’éviterais?






~~~~






- Dis-moi, Kota-chin… Commença le brun, son regard toujours perdu dans l’infinité rose du plafond. Était-ce pour me cacher ce projet que tu es si distant avec moi ces derniers temps ?

Il soupira. Manifestement, il aurait préféré ne pas en arriver là, sachant que cette question risquait de vexer son aîné (ou, au contraire, de provoquer chez lui une soudaine vague d’affection, impossible de prévoir avec lui…). De plus, il ne voulait pas avoir l’air de dépendre de son chef (ce n’était absolument pas le cas) mais comme les deux Mikari se méfiaient encore considérablement l’un de l’autre, Kaarasu voulait seulement assurer ses arrières. Il était bien plus souhaitable d’avoir Noe Kotasu comme allié plutôt que comme ennemi… 

Il ne releva les yeux que lorsqu’il sentit l’androgyne venir se coucher à ses côtés et repousser ses dernières mèches rebelles.

- Pourquoi demandes-tu ça, Kaa-sama… Lui répondit-il avec un sourire narquois, en lui retirant ses lunettes. Est-ce que je t’aurais… manqué ?

La vue du cadet se brouilla brusquement & lui tira un soupir agacé. Damnée myopie ! Il devrait sérieusement penser à se procurer au plus vite de nouvelles lentilles cornéennes. 

Pour ce qui était des paroles de son chef, il ne savait pas trop comment y répondre… Lui avait-il manqué ? Certainement pas. Du moins, il ne l’aurait pas dit comme ça. Simplement, il s’était plutôt ennuyé durant les derniers jours, (ou le blond complotait si bien avec sa nouvelle alliée) et il s’était peut-être senti un peu délaissé, mais ça l’avait irrité plus qu’autre chose. Dans tous les cas, l’absence de Noe (et son indifférence) l’avait sans doute un peu affecté. 

Sa crainte dominante restait toujours le fait que cette fameuse Tina puisse le monter contre lui, et ça, c’était tout bonnement inacceptable. 

- Mais, serait-ce vraiment un problème, Kaa-sama… Reprit le blond plus sérieusement qu’à son habitude. Si jamais je t’évitais ?

Kaarasu se redressa, un peu surpris par cette drôle de question & (bien que sa vision soit toujours floue) il remarqua que l’imposant reptile qui suivait son chef en quasi-permanence s’était volatilisé. 

Mais, bien plus important, que voulait dire le blond par « si jamais je t’évitais » ? Prévoyait-il le mettre de côté ? Le réduire à l’état de vulgaire sous-fifre ? Qu’avait-il derrière la tête ? 

Le brun se renfrogna & répondit sur un ton un peu plus dur ;

- En voilà une question idiote. 

Il lui reprit ses lunettes et les remit en place, jugeant qu’il serait plus crédible en voyant clair. 

- Évidemment que ce serait un problème. Ajouta-t-il, presque boudeur.

Que son aîné l’éloigne de ses plans était une chose, mais qu’il lui demande littéralement s’il était contre en était totalement une autre ! Il ne souhaitait pas voir ainsi son clan se scinder dès le début, avant ça, il y avait tous les autres à détruire… Et d’un autre côté, il aurait beaucoup de mal a supporter de devoir devenir un simple subalterne obéissant a l’androgyne (comme le faisaient tous les autres Mikari). Il était maintenant sous-chef & comptait profiter de ce titre. Il devait donc régler ce quiproquo le plus rapidement possible. 

Le corbeau soupira vainement, et se dit qu’il risquait d’obtenir ce qu’il voulait en se montrant un minimum plus affectueux et coopératif qu’à son habitude. Il s’approcha donc du chef Mikari & enlaça ses frêles épaules par derrière, le serrant contre lui comme s’il avait été un ours en peluche. 

- Allons, Kota-chin... Lui murmura-t-il tout doucement, comme s’il cherchait à l’apaiser. Tu voudrais déjà me rejeter, alors que nous n’avons même pas eu l’occasion de mener la partie ?

Noe avait quelque chose de « bouleversé », comme s’il était déchiré entre deux décisions capitales, et son sous-chef avait la ferme intention de le faire pencher en sa faveur.







~~~~






- Mais, serait-ce vraiment un problème, Kaa-Sama… Si jamais je t’évitais ?

Il voulait entendre le brun lui dire~ De quel côté allait-il se réfugier? Être un des jouets du Takami… L’idée était délicieuse et il savait qu’il se délecterait de tous les moments passé en sa compagnie, faisant office de jolie merveille éphémère, réalisant tous ses vœux telle une soubrette. C’était le genre de futur que l’androgyne pouvait apprécier~ Et si un jour Kaarasu était trop vieux et venait à se briser, alors lui, dans toute sa splendeur, attendrait qu’on vienne le trouver, qu’on vienne s’occuper de lui. 

Mais une autre possibilité d’avenir s’offrait à lui aux côtés de Tina ~ Ou il régnerait en dieu, avec la jolie demoiselle, détruisant tout sur leurs passage et agissant comme ils l’entendraient. Il avait déjà beaucoup de plaisir à diriger les Mikari, alors s’il pouvait faire de même avec tous ceux qui croiseraient son chemin… Que de joie, ici aussi! 

Le sous-chef se redressa, une expression choquée sur le visage ~ Apparemment la question avait été surprenante! Allait-il se fâcher contre lui? Lui dire qu’il était sien? Ça pourrait régler tous ses problèmes d’un seul coup… Ah ~ Si son cher Kaarasu était plus entreprenant, il n’aurait pas vraiment d’hésitation, du moins, pour le moment ~ Car l’idée d’être éternellement ‘’belle’’ était un rêve inespéré et qui pourtant était maintenant réalisable, par son dur travail. La voix dur, le brun répondit : 

- En voilà une question idiote.

Ce fut au tour de l’homme poupée d’être surpris ~ Il ne s’attendait pas à tant de franchise! Cela le rassurait, cependant, car ça prouvait que le brun avait toujours besoin de sa personne. Ce dernier reprit ses lunettes, le blond fermant les yeux pour pas que les tiges aillent dans ses grands yeux mauves, alors que son camarade les reposait sur son visage. Tel un enfant, il poursuivit, en boudant : 

- Évidemment que ce serait un problème.

Le blond eut un sourire qui s’effaça aussitôt ~ Maintenant que l’autre voyait clair, plus question de rester ouvert comme un livre! En réalité, l’androgyne se sentait seul ~ Et dans les deux possibilités, il se retrouvait aux côtés d’un camarade. Allait-il, un jour, arriver à se séparer, erré seul? Probablement pas ~

Il rougit incroyablement lorsqu’il senti les bras de Kaarasu l’enlacer, par derrière, sentant son souffle chaud dans son cou. Son corps était couvert de frissons, et il ferma de nouveau les yeux, se blottissant encore plus dans les bras de son cadet. Il était bien, confortable et en sécurité près du corbeau… Si seulement il pouvait le garder pour toujours! Le brun poursuivit sur un ton plus calme, presque mielleux :

-Allons, Kota-chin... Tu voudrais déjà me rejeter, alors que nous n’avons même pas eu l’occasion de mener la partie ?

Le jeu, la partie, les échecs et les dames… Kaarasu était vraiment enfantin, après tout ~ Le blond cependant voulait bien rester et être son jouet, si ce dernier arrivait à le convaincre du fait qu’il serait mieux de son côté que de celui de la chef des Asuna. En ce moment, il penchait plus pour le corbeau, mais l’androgyne étant assez instable, et même bipolaire, une parole ou une simple action pouvait venir jouer dans la balance. 

L’homme poupée se retourna pour faire face à l’autre Mikari, faisant bien attention que ses bras l’enlace toujours alors que les siens étaient replier sur le torse de l’autre éphèbe. Il lui vola un doux baiser et le fixa de ses yeux remplis d’inquiétudes~ Il aurait été facile de briser mentalement Noe, mais n’importe qui s’y aventurant finirait par avoir un combat physique et pourrait assez facilement perdre contre l’homme à l’énorme boa. L’androgyne décida d’opter pour la franchise et se vida l’esprit, espérant que le Takami saurait choisir les mots pour le consoler et le rassurer ~ D’une toute petite voix, il avoua, comme coupable : 

-Kaa-Sama… En réalité, je… J’hésite entre ce que toi et Tina des Asuna m’offrez… 

Il enfoui son visage dans le cou de l’autre garçon et l’enlaça à son tour, pressant son corps maigre contre celui de son camarade.







~~~~






- Allons Kota-chin, tu voudrais déjà me rejeter, alors que nous n’avons même pas eu l’occasion de mener la partie ?

Kaarasu enfouit son nez dans la chevelure claire de son aîné, se gorgeant les poumons de cette fragrance trop sucrée. La situation dans laquelle il venait de se mettre était un peu douteuse, mais il était convaincu que sa technique porterait fruit. Étrangement, le chef de la mort semblait se réjouir lorsqu’on le traitait comme un animal de compagnie… M’enfin, le brun se demandait surtout jusqu’ou il devrait aller pour obtenir ses faveurs.

Comme si, justement, il avait entendu ses pensées, l’androgyne se tourna vers lui & l’embrassa tendrement. 

Ah, le voila enfin redevenu complètement fidèle à lui-même. Ce baiser eu un effet presque rassurant sur le jeune sous-chef. Par contre, le regard éperdu que lui lança Noe par la suite le déçu assez… Ses grands yeux violets n’exprimaient rien d’autre que la faiblesse & l’insécurité. Il faisait « fragile ». Tsk. Ou est l’intérêt d’une poupée qui se casse au moindre choc ? 

Mais d’un autre côté, une faiblesse aussi évidente était une chance à ne pas manquer. Il n’avait qu’à l’exploiter au maximum et ainsi peut-être s’en servir contre la chef des Asuna, si l’occasion se présentait… 

- Kaa-sama… Commença Noe d’une voix honteuse. En réalité je… J’hésite entre ce que toi & Tina des Asuna m’offrez…

Encore Tina, hmm ? Quel genre d’idylle impossible avait-elle fait miroiter devant ses yeux de poupées pour qu’il soit à ce point attaché à elle ?

Puis, comme s’il cherchait à se faire pardonner, l’aîné vint enfouir son visage dans le cou de son sous-chef, se blottissant davantage contre son corps chaud. Kaarasu eut une légère grimace de douleur en sentant ses blessures toutes récentes être ainsi compressées, mais il ne se plaint pas. La situation était totalement à son avantage & il ne devait pas gâcher ce moment. Un seul faux pas et il était clair que l’androgyne irait immédiatement se réfugier dans les bras de l’Asuna. 

Il commença par caresser doucement les cheveux de son chef, paisible, pensif. Il devait choisir judicieusement ses mots. 

- Il suffit de peser le pour & le contre des deux options. Dit-il, le regard dans le vague. Ou d’être simplement raisonnable, c’est au choix….

Il marqua une courte pause, enroulant entre ses doigts une mèche blonde & lisse.

- Pense-y réellement. Il ne s’agit pas que d’impulsifs désirs. D’accord, cette Tina t’a peut-être fait gouter à de nouveaux plaisirs que tu ne soupçonnais même pas… Elle t’a fait miroiter sous les yeux ce qu’était le réel pouvoir. Mais au fond, à la toute fin, crois-tu vraiment qu’elle sera en mesure de te laisser partager son trône ?

Il laissa cette question en suspens, bien convaincu de la réponse. Se défaisant gentiment de l’étreinte de son supérieur, il lui reprit sa main artificielle et poursuivit ;

- Elle te détruira, Kota-chin. Sans hésiter. Elle réduira en miettes ce nouveau corps si finement sculpté. 

Il posa un furtif baiser sur les jointures laiteuses à ces mots. Un peu comme pour montrer au blond que lui savait apprécier ce remarquable travail, cette œuvre d’art, et que jamais il ne lui viendrait à l’idée de l’abîmer.

- Et à ce moment, lorsque tu auras tout perdu au près de cette jeune femme… tu viendras me voir pour que je te sauve ? Pour que je t’empêche de sombrer ?

Jouant le tout pour le tout, Kaarasu prit délicatement le menton de l’androgyne dans sa main & posa (de lui-même !) un doux baiser sur ses lèvres. C’était bien la première fois qu’il prenait une telle initiative, ne se contentant pas seulement de subir les élans d’affections du blond. Il avait beau ne pas particulièrement apprécier ce genre de manœuvre, il se disait qu’il n’avait pas le choix. Il fallait absolument dissiper tous les doutes rongeant l’esprit de Noe… 

Il s’écarta quelque peu, seulement pour venir murmurer à l’oreille de son aîné, d’une voix un peu plus menaçante qu’à son habitude, avec un petit quelque chose d’autoritaire ; 

- Je verrais alors cela comme une trahison… Et sache que je n’ai aucune pitié pour ceux qui me trahissent. 







~~~~






- Kaa-sama... En réalité je… J’hésite entre ce que toi & Tina des Asuna m’offrez…

Le blond cacha son visage, serrant son camarade dans ses bras frêles, ne voyant pas le visage grimaçant de douleur de ce dernier. De nouveau, le sous-chef caressa ses longs cheveux doux, l’apaisant ~ Apparemment, le Takami savait comment plaire à son chef, même s’il n’était jamais aisé d’avoir Noe dans sa poche. D’une voix calme, il répondit, incroyablement neutre face à la situation : 

- Il suffit de peser le pour & le contre des deux options. Ou d’être simplement raisonnable, c’est au choix….


Raisonnable? Mais quelles actions étaient raisonnables? Devenir une poupée à la beauté éternelle ou esclavager la population humaine aux côtés d’une maniaque? D’un point de vue normal, les deux ne l’étaient pas vraiment… Maintenant, c’était à lui de choisir ~ Et c’était assez difficile ~ Car une fois que l’androgyne aurait choisi, il n’aurait aucun moyen de revenir en arrière, et il serait coincé. Son camarade enroula doucement une de ses mèches, lui donnant des frissons, en poursuivant, parlant beaucoup, comme à son habitude :

- Pense-y réellement. Il ne s’agit pas que d’impulsifs désirs. D’accord, cette Tina t’a peut-être fait gouter à de nouveaux plaisirs que tu ne soupçonnais même pas… Elle t’a fait miroiter sous les yeux ce qu’était le réel pouvoir. Mais au fond, à la toute fin, crois-tu vraiment qu’elle sera en mesure de te laisser partager son trône ?[/i]

Ils avaient tous les deux décrété que non… Qu’ils allaient s’entretuer, à la toute fin… Mais n’était-ce pas là une magnifique fin aussi? Puis… S’il venait à se battre avec l’Asuna, rien ne disait qu’il n’avait pas de chance de gagner, non? Le brun agrippa sa main et y posa un doux baiser, faisant rougir son supérieur. Il n’attendait apparemment de réponse, car il reprit aussitôt, sur sa longue lancée : 

- Elle te détruira, Kota-Chin. Sans hésiter. Elle réduira en miettes ce nouveau corps si finement sculpté.


Croyait-il que ce serait si facile de le détruire? Lui-même, s’il l’avait voulu, aurait pu détruire le corps et l’âme du jeune homme avec lequel il était collé. Il fronça les sourcils, mais ne dit rien, se doutant que le discours de son camarade n’était pas fini ~ Ça aurait froissé ce dernier, puis, l’androgyne, dans son hésitation, voulait savoir ce que le Takami pensait. Il continua, comme l’homme poupée l’avait présagé : 

- Et à ce moment, lorsque tu auras tout perdu auprès de cette jeune femme… tu viendras me voir pour que je te sauve ? Pour que je t’empêche de sombrer ?

Alors là, c’était le Kotasu qui était vexé ~ Bien sûr il aimait les douces attentions du jeune homme, mais ce dernier n’était pas indispensable, et il devrait peut-être se le faire dire ~ Ni pour les Mikari, ni pour le blond. Et sa nouvelle manie de présager qu’il perdrait contre l’Asuna commençait à vraiment le déranger. Cependant, le brun agrippa tendrement son menton pour venir déposer sur ses lèvres cerise un doux baiser. Encore énervé, Noe ne rougit pas mais se calma un peu ~ Il n’avait cependant toujours pas changé d’avis sur ce qu’il pensait de la façon de parler de l’autre Mikari. 
Ce dernier fini, murmurant dans son oreille, presque méchamment : 

- Je verrais alors cela comme une trahison… Et sache que je n’ai aucune pitié pour ceux qui me trahissent.

De ses deux mains, le Kotasu repoussa franchement le sous-chef, un air fâché imprimé sur son visage aux traits fins ~ C’était lui, qui était froissé, à la toute fin. Le Mikari se releva et retourna près de la fenêtre, après avoir jeté à l’autre éphèbe un regard d’une infini cruauté ~ Noe n’était pas stupide et savait que derrière les délicates intentions de Kaarasu, ses paroles mielleuses… Ce n’était que mensonges, il voulait bien se laisser berné, mais que le brun le fasse plus subtilement s’il voulait le trahir ainsi. La voix rauque, apparemment en colère, le blond répondit à toutes les paroles du corbeau : 

-Vraiment, Kaarasu? Une trahison… Je ne suis pas un imbécile, alors ne me traite pas comme tel! C’est moi qui devrait avoir pitié de toi ~ T’es mensonges manquent cruellement de sérieux ~ Pratique toi avant de venir me les débité.

Etsu apparu de lui-même, s’enroulant comme à son habitude autours du corps frêle de son maitre, prêt à attaquer le sous-chef du clan de la mort au signal. L’androgyne s’assied sur le banc de sa coiffeuse, fixant de ses yeux empoisonnés ceux cramoisi de son allié. Il croisa ses jambes lentement avant de poursuivre sur un ton qui n’avait rien de plus calme : 

-S’il ne restait que nous deux à la toute fin, ‘’petit malappris’’, crois-tu vraiment que tu saurais plus indulgent à mon égard que Tina? J’en doute fort… 

Il avait repris l’insulte du Jadziah, celle que le brun lui avait rapporté, en colère et qui avait bien fait rire l’androgyne ~ Bien qu’il savait que ça énervait au plus haut point son cadet. Néanmoins, il ne faisait plus vraiment attention à ne plus vexé son camarade, en colère contre lui. Il était maintenant plus du côté de Tina ~ Mais comme c’était Noe, il pouvait revenir facilement accroché au corbeau, si ce dernier savait bien se défendre contre les accusations du chef de la mort. Soupirant d’impatience, l’homme poupée finit, se massant les paupières, exaspéré par le comportement du Mikari : 

-Et d’où vient cette certitude que je perdrais contre l’Asuna, bon sang?







~~~~






Pour lui prouver sa fidélité, le sous-chef prit doucement le menton de l'androgyne & vint déposer sur ses lèvres un baiser tout à fait tendre. Pour une fois, il avait fait une petite entorse à son code d'éthique. Le chef Mikari était tellement plus facile à vivre lorsqu'on se montrait affectueux et attentionné à son égard que ça en vaudrait sans doute la peine.


Il vint ensuite lui murmurer à l'oreille, d'une voix assez sombre ;

- Je verrais alors cela comme une trahison... Et saches que je n'ai aucune pitié pour ceux qui me trahissent. 

Il avait soufflé cette phrase presque comme une menace. En vérité, le corbeau était quelqu'un de très rancunier. Il n'était pas du tout du genre à se laisser attendrir et/ou à pardonner lorsqu'on lui causait du tort. 

Visiblement en colère, le chef des Mikari repoussa son cadet vivement et se leva pour lui tourner le dos. Kaarasu en fut plutôt vexé. Ça lui apprendrais à se montrer entreprenant & affectueux ! 

- Vraiment, Kaarasu ? Une trahison... Je ne suis pas un imbécile alors ne me traite pas comme tel ! C'est moi qui devrais avoir pitié de toi ~ Tes mensonges manquent cruellement de sérieux. Pratique-toi avant de venir me les débiter. 

Sur ces mots chargés d'une colère nouvelle, le serpent de l'androgyne apparut autour de lui, dans un geste à la fois protecteur & agressif. 

- S'il ne restait que nous deux, à la toute fin, "petit malappris", crois-tu vraiment que tu serais plus indulgent à mon égard que Tina ? J'en doute fort...

En vérité, Kaarasu n'y avait jamais sérieusement songé. Oui, le jour de leur première rencontre, il s'était dit qu'il trouverait bien un moyen de se débarasser de son chef, lorsque celui-ci ne l'amuserait plus, mais maintenant... Maintenant beaucoup de choses avaient changées depuis qu'il s'était vraiment installé à Seikoku & il avait du faire plusieurs remises en questions. Serait-il réellement en mesure de tuer le blond (s'il en acquérait les capacités, d'ici là) ? Il n'en était plus si sûr... D'ailleurs, une fois qu'il aurait réussi a le tuer, que se passerait-il ? Il régnerait en maître sur un champ de ruines fumantes ? Cette perspective n'avait rien de bien séduisant. 

- Et d'où vient cette certitude que je perdrais contre l'Asuna, bon sang ? Ajouta le blond, décidément en colère. 

Ah, c'était donc ça ? Avait-il été simplement blessé dans son orgueil parce que le brun avait supposé qu'il se ferait détruire ? En temps normal, Kaarasu se serait montré doux & joueur, et il aurait sans doute tenter de calmer son chef avec une presque affection, mais là, il était toujours vexé par le rejet brutal du blond ainsi que toutes ces accusations mesquines. 

Il commençait a se dire que Noe ne valait plus la peine qu'il s'y attarde autant, et était presque tenté de le pousser dans les bras de Tina, pour avoir la satisfaction de constater qu'au final, aucun de ses plans n'auraient correctement fonctionnés. Que, dans n'importe quel cas, il finirait seul. Seul & éternel... Quel destin maussade. 

Mais... ce n'était pas une bonne idée. Il savait bien que, dans l'immédiat il le regretterait. Et, ne pas avoir son chef de son côté aurait provoqué chez lui une puissante irritation. De la jalousie ? Pas exactement... Mais c'était un genre de frustration qui s'en rapprochait. 

Il se contenta donc de répondre, d'un ton incroyablement neutre, ne laissant transparaître aucune émotion ;

- Mes mensonges, dis-tu ? Il y a des fois où je ne sais plus... ce qui est vrai & ce qui ne l'est pas. Libre à toi d'en décider. 

Et c'était totalement vrai. Il avait du mal (surtout ces derniers temps) à établir un contact durable avec la réalité. Ses pensées se brouillaient, il avait des trous de mémoires et ses moments d'absence étaient de plus en plus fréquents. 

- Et puis... Même si tu venais à tuer l'Asuna, que ferais-tu ensuite ? Ne serais-tu pas considérablement endommagé ? Que ce soit physiquement ou autre... Et tu sais, tu serais seul, au final. Dans tous les cas. 

Il se leva et passa derrière le blond, se dirigeant vers la porte. Il commençait à se dire que cet entretien n'en valait plus la peine. 

- Triomphant, éternel & seul. C'est ce que tu veux ? 

D'une manière ou d'une autre, c'était le destin qu'il avait choisi. Même les plus jolies poupées, lorsqu'on les abandonnent, accumulent la poussière sur les tablettes & ternissent. Elles se dégradent sans attention, jusqu'à ne même plus être belles... Le temps est un adversaire redoutable. Contre qui il était pratiquement impossible de se battre... et de gagner. Kaarasu savait bien cela. 

Il se sentit brusquement très étourdi, et du s'appuyer au mur pour éviter de s'effondrer. Un nuage de points argentés envahis sa vision. Bon, qu'avait-il encore ? Était-ce le résultat de toutes ces nuits sans sommeil ? 

Il baissa la tête (laissant ses mèches sombres lui retomber sir les yeux) et demeura immobile quelques instants, histoire de laisser ce vertige s'estomper. Puis, dans un murmure à l'attention du blond, il décréta sèchement ;

- Bien que mes paroles ne semblent, a tes yeux, avoir aucune valeur... Sache que je n'aurais pas l'intention de te détruire, même si j'en avais les compétences. Ce serait un dénouement beaucoup trop cliché, ne crois tu pas ? Et puis... 

Il sembla hésiter, mais termina finalement ;

- Si nous venions a gagner, à la toute fin, je n'aurais jamais dans l'idée de te laisser seul. Est-ce une menace ou une promesse ? À toi d'en juger. 

Il était vrai que le temps n'avait jamais été en la faveur du jeune corbeau. Toujours, depuis qu'il était enfant, il avait haïs les horloges & autres appareils de ce genre. Le temps... Le temps qui s'écoule. Le temps qui glisse. Qui nous file entre les doigts. Toujours. Sans fin. À jamais. 

Il le haïssait. 

Voilà pourquoi l'idée d'avoir à ses cotés un être immortel, qui résisterait au temps du mieux qu'il le pouvait, devenait quelque chose de presque agréable.







~~~~






- Et d'où vient cette certitude que je perdrais contre l'Asuna, bon sang ?

Le blond avait serré les poings et hausser la voix, de toute évidence froisser par les dernières répliques du jeune corbeau. Ce dernier ne réagit pas, restant incroyablement neutre, sans que l’androgyne ne puisse se douter de ce à quoi Kaarasu pensait. Il aurait bien aimé être Kaminari, tiens… Leurs pouvoirs lui semblaient être des plus utiles, et le Mikari aurait bien aimé en avoir un ou deux de son côté… Mais ses récents agissement avaient bien fait de tous les éloigné, laissant un Kotasu dépité. 

Les deux éphèbes ne faisaient que se fixer, montrant ainsi le vrai visage Mikari ~ Tout n’étaient pas rose comme dans la chambre du chef, ni aussi joyeux que son acolyte ~ Ils étaient sombre, seul et terriblement haineux. Sans leurs pouvoirs, la société aurait probablement essayé de les aidé, les auraient casé dans : cas à problèmes, et ils auraient eu droit à une tonne de services visant à améliorer leurs image de soi ~ Mais c’était un monde différent, ou même les ombres étaient maintenant meurtrières, ou l’on ne savait pas si on serait encore en vie, le lendemain, lorsqu’on s’endormait le soir. Toujours aussi stoïque, le Takami finit par répondre :

- Mes mensonges, dis-tu ? Il y a des fois où je ne sais plus... ce qui est vrai & ce qui ne l'est pas. Libre à toi d'en décider.

Il lui semblait que le brun s’était terni, ces derniers temps ~ Ô pas seulement après son combat contre Jadziah, un peu avant aussi… Comme une fleur en train de se faner ~ Il devrait veiller à ce que son sous-chef ai mieux le plus tôt possible… Il ne pouvait pas se permettre de le perdre, ni sur le plan émotif, ni sur le plan stratégique. Sans laisser le temps à son ainé de répondre, le brun poursuivit :

- Et puis... Même si tu venais à tuer l'Asuna, que ferais-tu ensuite ? Ne serais-tu pas considérablement endommagé ? Que ce soit physiquement ou autre... Et tu sais, tu serais seul, au final. Dans tous les cas.

Le Mikari se leva et traversa la pièce, s’arrêtant dans l’encadrement de la porte, se retournant vers son camarade, encrant ses yeux sanguins dans les siens, venimeux. D’une voix froide, il continua, choquant le chef Mikari : 

- Triomphant, éternel & seul. C'est ce que tu veux ?

Non jamais ~ Il ne souhaitait rien de tout ça. Bien que l’androgyne ne se l’avouait pas, il avait terriblement peur de la solitude, et partager sa victoire sur Seikoku… Il voulait le faire avec quelqu’un ~ Tina ou Kaarasu, ça n’avait pas d’importance, du moment qu’il ne soit pas seul! C’est constatation agit comme une gifle, faisant remarquer à l’androgyne à quel point c’était puéril : Il n’avait pas à choisir, le temps ferait son œuvre et déciderait lequel des trois allait pouvoir célébré. 

Son cadet sembla étourdi un moment, puis il s’appuya contre le cadre de la porte pour s’empêcher de tomber, masquant son regard par ses cheveux brun, les laissant tomber dans son visage. C’était une situation assez inquiétante, et il fallait vite remédier à la soudaine faiblesse de Kaarasu ~ Dans un tel état, s’il croisait de nouveau HellRoy, il n’avait aucun doute que son ami se ferait encore massacré. Il allait répondre lorsque le corbeau ajouta, visiblement toujours mal en point : 

- Bien que mes paroles ne semblent, à tes yeux, avoir aucune valeur... Sache que je n'aurais pas l'intention de te détruire, même si j'en avais les compétences. Ce serait un dénouement beaucoup trop cliché, ne crois-tu pas ? Et puis...

L’homme poupée rougit et porta ses deux mains d’ossement à son cœur ~ Était-ce là sa façon de lui dire qu’il tenait à lui? Lui qui adorait toutes les petites attentions affectueuses, celle-ci lui fit bien plaisirs. Le brun ajouta, après une courte pause : 

- Si nous venions à gagner, à la toute fin, je n'aurais jamais dans l'idée de te laisser seul. Est-ce une menace ou une promesse ? À toi d'en juger.

L’androgyne traversa la distance qui le séparait du brun et enfoui son visage contre son torse alors qu’il l’étreignait. Il agrippa doucement la main de son cadet, et le tira jusqu’à son lit, ou il le força plus ou moins à s’étendre, le couvrant de l’épaisse douillette. Il lui fit dos et répondit finalement au long monologue de son ami, murmurant presque :

-Je n’aurais pas du tout douté de toi, Kaa-Sama je suis… je suis dé…

Les excuses n’étant visiblement pas la force du Mikari, il passa à autre chose ~ Il se retourna vers le pianiste et lui offrit un sourire amical, avant d’ajouter, fermant les lumières : 

-Dors maintenant, ce qui est important c’est que tu te remettes sur pied… Et après, nous éclaterons Jadziah, d’accord? 

Il eut un petit rire et s’installa dans le coin de la pièce, Etsu à ses côtés, veillant sur le corbeau. 
`

(FINI! <3 )


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Le serpent et le corbeau (Kaarasu)
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